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Composer la musique d’un court métrage d’animation

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ReasonUn ami réalisateur, m’a demandé récemment de composer la musique d’un court métrage d’animation. Cet ami est non seulement le réalisateur mais il est de surcroit le scénariste / producteur / animateur / narrateur. Il n’est, par contre, pas un musicien. Surprenant! Il n’est pas musicien mais il a une très bonne idée de ce qu’il veut comme trame musicale pour son film.

Nous nous sommes donc rencontrés afin de discuter du film. Quel style de musique a-t-il en tête? Combien de temps de musique veut-il ? J’aime bien définir certains critères avant de me lancer dans la composition. Par exemple, qui est le personnage principal du film ? Qu’advient-il durant l’histoire ? Quel sont les moments importants que le réalisateur voudrait souligner avec la trame musicale ? Quelles émotions sont importantes pour le film ? Dans le cas présent le héro de son film est un écureuil noir qui construit des nids de secondes mains pour des oiseaux mono-parentales …! Disons le franchement, j’ai un bon sens d’adaptation mais là, je dois avouer que je n’étais pas prêt pour cela. Mais je dois me ressaisir parce que le réalisateur est entrain de me donner des éléments importants qui devraient m’aider. Je lui demande de me donner des exemples de musique qu’il voudrait pour son film. Du BAROQUE! me dit-il d’un air marquant la surprise. Continuant sur la narration de l’histoire: Il n’est pas heureux, tu comprends! Il fait une crise de quarantaine. Il est célibataire et il commence à devenir chauve! Et plus il me donnait des informations sur son héro et plus je comprenais qu’il parlait de lui-même.

Voilà bien des années que je le connais et je sais très bien qu’il aime le blues, le rock et les longues soirées ou le scotch l’enchante. Alors, tandis que je l’écoute me parler de ces inspirations, je commence déjà à chantonner une ligne de basse. Je commence à trépigner sur place. J’ai la guitare qui me chatouille le bout des doigts et j’ai hâte d’arriver chez moi et d’enregistrer le tout avant de l’oublier.  Avant de nous séparer, il déplose dans mon lecteur mp3, quelques morceaux de musiques. Je pourrai les écouter sur le chemin de retour et voir si ma nouvelle mélodie correspond avec l’émotion recherchée. Mais à ma grande surprise, toutes les musiques contiennent du piano. Sans me l’avoir dit, je constate que le piano est omni présent et semble jouer une partie très importante. Mais il y a un petit problème. Je ne joue pas le piano. Je peux utiliser un clavier et me rendre intéressant mais je connais mes limites et elles sont énormément audibles. Je pourrais lui composer un quatuor à cordes mais je sais très bien que si je lui propose un blues principalement interprété au piano, il en sera ravi.

Alors de retour chez moi, je m’empresse de jouer la mélodie sur ma guitare. Une fois que je suis satisfait des petits changements, je l’enregistre. J’enregistre ensuite la basse. J’ai maintenant une ligne rythmique et ma ligne mélodique. Il ne me reste plus que le piano. Pour cela, je n’ai qu’à faire appel à mon vieux collaborateur. C’est un pianiste de génie et un batteur respectable. C’est très souvent avec lui que je travaille mes projets musicaux.

Le processus est toujours le même. Je l’appel toujours au téléphone, il ne répond habituellement jamais. Son répondeur décroche toujours et habituellement, je lui chante la mélodie accompagné par ma guitare. Ensuite, c’est habituellement à son tour de m’appeler une heure plus tard et je ne réponds jamais. Mon répondeur accueille toujours son message, qu’il me laisse habituellement au piano. Le résultat me déplait rarement. Ensuite, je lui écris souvent un email et nous sommes toujours 20 minutes plus tard, entrain de célébrer, un verre à la main notre nouvelle collaboration. Mais pas cette fois. Deux fois seulement la sonnerie retentit et il décrocha. Je savais que quelque chose n’allait pas. Tu es souffrant ? Pourquoi t’as répondu ? Pourquoi tu brises la suite des évènements créatifs? Un court silence suivit ma tirade. Pas cette fois-ci ! me dit-il. Je pars ce soir pour 3 semaines, tu te souviens? Tu devras la faire par toi-même cette fois-ci. Alors, je te revois dans 1 mois ! Salut ! Et tout bonnement, il raccrocha!

Perplexe par ce revirement de situation, je me suis mis à réfléchir à une vitesse folle. Comment vais-je faire pour enregistrer ces instruments que je ne sais pas maîtriser. Et c’est à ce moment que je me suis souvenu du logiciel qui me sortit de l’embarras plusieurs fois : Reason!

Reason :

Ce qu’il faut rappeler d’un logiciel comme Reason c’est qu’il s’agit véritablement d’un instrument virtuel.  Une autre façon de concevoir ce qu’est un instrument virtuel c’est de comprendre que l’utilisation d’un logiciel-instrument virtuel vous permet de jouer n’importe quel instrument désiré ou nécessaire sans que vous deviez manipuler l’instrument en tant que tel. Par exemple : vous pouvez utiliser un clavier-contoleur (MIDI ou USB) afin de jouer du piano, mais vous pouvez aussi l’utiliser pour jouer de la trompette ou de l’accordéon et même de la guitare. Tout ce passe à l’intérieur du logiciel.

Vous avez accès à des échantillonneurs (sampler), vous permettant de faire jouer des échantillons : des sons que vous avez déjà enregistrés. Parce qu’il est important de savoir et de se rappeler un fait sur ce logiciel, VOUS NE POUVEZ PAS ENREGISTRER DE L’AUDIO DIRECTEMENT DANS LE LOGICIEL. Vous pouvez utiliser n’importe quelle enregistreuse numérique (hardware ou Software) pour enregistrer votre source, la modifier, l’ajuster et ensuite pour pouvez l’importer dans un échantillonneur de Reason.

Le NN-19  par exemple :

Vous avez aussi accès à différents synthétiseur, vous permettant de créer de nouveaux sons à l’aide d’oscillateurs. Voici un exemple de synthétiseur que vous trouverez dans le logiciel :

Le Malström. 

Ces synthétiseurs software vous permettront de créer des ambiances, des nouveaux sons et même d’utiliser des sons (patchs) déjà créés par les créateurs du logiciel. Ces logiciels utilisent la même technologie que les synthétiseurs externes. Vous avez l’oscillateur (VCO), le filtre (VCF) et l’amplitude (VCA). Pour chacun de ces paramètres, vous pouvez appliquer un Low Frequency Modulator (LFO) et vous pouvez aussi appliquer une enveloppe (ADSR).

Pour rendre le procédé plus intéressant et stimulant, le design et l’interface est plaisant et le logiciel est facile à utiliser, très intuitif. Vous n’aurez aucune misère à produire des sons. Le plus difficile sera de comprendre ce que vous faites et de pouvoir le répéter.

Donc, si je veux rajouter un piano pour accompagner ma mélodie, je n’ai qu’à importer dans mon sampler l’enregistrement que j’ai fais un peu plus tôt. Il est facile pour moi de retrouver mon enregistrement puisque je l’ai appelé Acc. Gtr Ecur. (acoustique Guitare Écureuil). 

Une fois dans mon sampleur, je n’ai plus qu’à faire jouer mon échantillon et m’accompagner moi-même avec un piano.  J’ai plusieurs choix pour ce qui est du piano. Je peux utiliser le NN-XT puisqu’il possède de nombreux échantillons de piano mais je peux tout aussi utiliser un synthétiseur ou un combinateur.

Le combinateur me permet de cumuler les instruments et les effets désirés dans un seul. 

Dans cette image, vous pouvez voir que mon sampleur (NN-XT) est branché dans le reMIX. Qu’il y a aussi deux effets et un EQ de branchés. Ce qui me permet de simuler une salle de spectacle. Tous les paramètres de ces deux effets sont ajustables. Je peux ainsi changer la grosseur de la salle, sa forme et le temps de réverbération. Les paramètres de l’EQ le sont tout autant.

Ainsi, je peux utiliser mon contrôleur MIDI pour écrire la musique. Je peux aussi bien le faire avec ma souris mais c’est beaucoup plus long.  Une fois que je suis satisfais de mon piano, je peux maintenant rajouter des sons ambiants ou encore rendre l’atmosphère plus dramatique. Une bonne pratique est de créer de nouveaux sons. Il faut s’amuser à rechercher le son le plus nouveau possible en utilisant les paramètres de synthèse tout en recherchant des sons qui se mêleront parfaitement avec la musique.

Pour se faire je peux ajouter un synthétiseur comme le subtractor :

Le Subtractor vous permet de faire différents types de synthèse : Additive, FM et Soustractive.

Respectant l’architecture de base d’un synthétiseur-VCO-VCF-VCA, je commence toujours par manipuler l’oscillateur (VCO). Dans le cas présent, ils nous en offrent deux. Deuxièmement, l’onde SAW-TOOTH générée par l’oscillateur passe dans le Filtre1 (VCF) pour ensuite terminée sa course dans le VCA soit l’amplification, ce qui me permet d’entendre le résultat.

Simplement en manipulant ces trois paramètres, je suis en mesure de créer quelque chose d’unique, qui ajoutera de la présence et un accompagnement original à ma guitare qui aurait été bien seule.